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Cécile Duflot répond aux questions de Qualit'EnR dans un entretien exclusif

 

     

 

Madame la ministre, le Gouvernement a lancé une campagne nationale pour la rénovation énergétique et les énergies renouvelables : quels sont vos objectifs ?

 

Le plan de rénovation énergétique de l’habitat annoncé par le Président de la République en mars et lancé à l’automne a pour objectif de rénover 500 000 logements par an d’ici à 2017 afin de réduire de 38 % la consommation d’énergie dans le secteur du bâtiment.

 

Ce plan est ambitieux, mais nécessaire, car il répond à trois enjeux majeurs : l’enjeu environnemental de la lutte contre le dérèglement climatique ; l’enjeu social de la protection du pouvoir d’achat des familles et de la lutte contre la précarité énergétique, qui concerne 4 millions de ménages en France ; l’enjeu économique d’un secteur qui représente 75 000 emplois qualifiés et non-délocalisables.

 

Pour sensibiliser les Français, nous avons mis en place le dispositif « J’éco-rénove, J’économise », véritable service public de la rénovation énergétique. Un site internet unique renovation-info-service.gouv.fr et un numéro Azur 0810 140 240 ont été mis à la disposition des particuliers qui sont orientés vers l’un des 450 « points rénovation info service » (PRIS) répartis sur tout le territoire. Ils y trouvent des conseils et un accompagnement, notamment sur le volet des aides financières qui ont été considérablement renforcées.

 

Pouvez-vous nous parler des évolutions concernant les aides accordées aux particuliers ?

 

Les aides financières de notre plan ont été à la fois renforcées pour les ménages les plus modestes et étendues aux familles des classes moyennes. Les subventions destinées aux plus modestes peuvent prendre en charge jusqu’à 50 % du montant des travaux (contre 35 % maximum auparavant). En plus, les ménages ont droit à une nouvelle prime exceptionnelle, qui s’élève à 1 350 euros ou 3 000 euros selon les revenus. Deux tiers des Français ont droit.

 

Les facilités de financement, l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) et le crédit d’impôt développement durable (CIDD), restent accessibles à tous sans condition de ressources et ont été améliorées : plus simples, plus lisibles, recentrées sur les travaux de rénovation les plus performants. À partir du 1er janvier 2014, le taux de TVA sera réduit à 5,5 % pour tous les travaux de rénovation énergétique. Enfin, un fonds national de garantie de la rénovation énergétique sera créé en 2014 pour faciliter le déploiement de tiers-financeurs, qui permettront aux ménages de ne plus avancer de frais.

 

Au total, pour 2014, 1,13 milliard d’euros vont être mobilisés par l’État pour aider les ménages à réduire leur consommation d’énergie et à économiser sur leurs factures. C’est considérable, et c’est le signe de l’engagement du Gouvernement dans la transition énergétique.

 

Quelles mesures concrètes sont envisagées pour soutenir les professionnels ?

 

Les énergies renouvelables sont au cœur de la mutation du bâti, puisqu’elles nous permettront, à terme, de généraliser le modèle du bâtiment à énergie positive. Les projets et travaux de rénovation énergétique doivent pouvoir intégrer les renouvelables, et nous avons ainsi choisi de rendre des équipements de production d’énergie renouvelable éligibles aux aides du plan de rénovation énergétique de l’habitat.

Quant à la construction neuve, la nouvelle réglementation thermique (RT 2012) marque une avancée majeure : sa généralisation à l’ensemble des bâtiments permet de faire du label BBC la norme. La prochaine étape sera la règlementation 2020, qui imposera que nous réfléchissions à l’échelle du quartier. Un changement d’échelle qui sera sans nul doute également favorable au développement des renouvelables.

 

Quelle place accordez-vous à la qualité d’installation ?

 

La qualité d’installation est bien sûr primordiale pour atteindre nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La mention RGE atteste du savoir-faire des professionnels qui ont démontré leurs compétences et le principe d’éco-conditionnalité fera dès 2014 de cette qualité des qualifications une condition sine qua non du financement des travaux de rénovation énergétique par l’Etat...

 

Annoncé par le Premier ministre lors de la Conférence environnementale 2013, le « passeport rénovation » a lui aussi vocation à garantir la qualité des démarches : de l’audit énergétique à l’évaluation des performances atteintes, en passant par des préconisations de travaux, dans l’ordre, pour atteindre pas à pas le niveau BBC.

 

Quels sont les changements liés à la récente signature relative à la charte RGE, qui encadre les signes de qualité reconnus par les pouvoirs publics ?

 

Nous avons prolongé et étendu la première charte d’engagement, signée en 2011, puisque la mention RGE, qui signifie désormais « Reconnu garant de l’environnement », concerne les entreprises qui réalisent des travaux améliorant la performance énergétique du bâtiment, mais aussi les industries qui fournissent les matériaux de construction ou de rénovation, et des prestataires de services liés au secteur de la construction, comme les bureaux d’études.

 

L’objectif de ces chartes est triple : reconnaître la qualité de la démarche à chaque étape du processus de travaux, mobiliser tous les professionnels et les accompagner dans la montée en compétence de la filière. Au 1er juillet 2014, notre objectif est que 30 000 entreprises puissent afficher la mention « RGE ». À cette date, les aides publiques à la rénovation énergétique seront « éco-conditionnées » : il sera impératif de faire appel à un professionnel RGE pour pouvoir en bénéficier.

 

 

Source : Qualit'EnR

Crédit photo : Arnaud Buisson, METL