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Interview de Jean-François Caron, Maire de Loos-en-Gohelle, pour Qualit'EnR infos

  Qualit’EnR a le plaisir de recevoir Monsieur Jean-François CARON, Maire de la ville de Loos-en-Gohelle dans le Nord Pas de Calais - Picardie, pour évoquer la transition énergétique et l’engagement local en faveur des énergies renouvelables...

 

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Votre région est engagée dans une 3ème révolution industrielle : de quoi s'agit-il ?

C’est un plan de transition vers un nouveau modèle de développement, inspiré des théories du prospectiviste américain Jeremy Rifkin, appliqué à la réalité concrète et opérationnelle de notre territoire, aujourd’hui intégré à la Picardie.

C’est un plan de résilience, face au choc subi de la désindustrialisation et aux chocs potentiels à venir, comme les conséquences du réchauffement climatique. Le nouvel exécutif en place a décidé de maintenir et amplifier 
ce plan, ce qui est un signal fort de la part de Xavier Bertrand !

 

Quelle est votre action personnelle à ce niveau ?

Je conduis depuis 20 ans des actions de transition vers un modèle durable de développement, à la fois à l’échelle régionale mais aussi à l’échelle locale.
Loos-en-Gohelle dont je suis Maire est le démonstrateur national de l’ADEME pour la ville durable, parce que nos 
résultats sont indéniables et parce qu’on applique une méthode de conduite du changement qui intéresse au plus haut niveau.

J’ai conduit les premiers travaux régionaux sur le développement durable, j’ai monté avec les équipes les premiers outils opérationnels d’application du développement durable, comme le Centre Ressource du Développement Durable (CERDD) ou l’association CD2E (Création et Développement d’Eco-Entreprises), aujourd’hui reconnu nationalement !
 
J’ai été vice-président de région sur ces questions, j’étais donc légitime au précédent mandat pour être l’animateur du forum d’acteurs de la troisième révolution industrielle (TRI), ceux qui la font vivre et l’appliquent au réel. C’était la mission que m’avaient confiée Daniel Percheron et Philippe Vasseur. En tant que président du CD2E, je continue à
agir à l’échelle régionale.
Sur les écomatériaux, les techniques d’écoconstruction, la prise en compte des arts et des usages de l’habiter, l’économie circulaire, l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, les sédiments, la recyclabilité matière, l’analyse en cylce de vie, etc.
 
En ce qui concerne les énergies renouvelables, nous agissons plus particulièrement sur le solaire avec la plateforme de recherche et développement « Lumiwatt », qui accompagne les acteurs de la filière à monter en compétence sur la connaissance des usages de ces systèmes, notamment électriques.
 
Formation, partage des données de production comparative du site, anticipation de la parité réseau arrivant et donc du marché qui va se créer (stockage, smartgrid, mixité de production).
Depuis 2011, plus de 3 000 visiteurs sont venus constater la performance du photovoltaïque dans notre région malgré une impression que nous ne bénéficions pas assez de soleil par chez nous.
 
On n’a peut-être pas de soleil, mais on a des projets… lumineux !
 

Quel message souhaiteriez-vous faire passer aux entreprises d’installation d’énergies renouvelables ?

Les EnR sont pour la majorité en phase de déploiement massif. C’est lié à une baisse des coûts du matériel et à une volonté toujours plus forte de voir un développement pérenne de ce secteur indispensable pour une vraie transition énergétique.
 
Mais pour atteindre des marchés matures, il faut toujours se former aux évolutions technologiques, et surtout s’assurer d’un travail de qualité sur l’ensemble de la chaine des acteurs (conception, adaptation aux usages/besoins du site, installation, maintenance et exploitation).
 

Un mot sur le bilan de Qualit’EnR, qui fête ses 10 ans au service de la qualité d’installation dans les énergies renouvelables ?

Cette association a oeuvré depuis sa création à faire monter en compétence les installateurs, à rassurer les maîtres d’oeuvre via leurs agréments et à contrôler les réalisations a posteriori.
Elle a la lourde tâche de poursuivre cet effort notamment sur 
des filières en mutation et pauvres actuellement en acteurs installateurs, comme sur le solaire thermique collectif et le photovoltaïque en autoconsommation.