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Interview : Philippe Pelletier s’exprime sur les enjeux du Plan Bâtiment Durable

 

Il y a quelques semaines, Philippe Pelletier, président du comité stratégique du plan bâtiment durable, s’est exprimé sur la place des énergies renouvelables dans le cadre de la transition énergétique. Dans cette interview exclusive accordée au journal Qualit’EnR Infos,  l’ancien président  de l’agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ANAH) présente les mesures envisagées par le gouvernement pour accompagner les particuliers dans leur projet de rénovation énergétique et d’équipement en EnR, en écho avec l’annonce récente du plan d’investissement pour le logement.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le pilotage du Plan Bâtiment Grenelle, le Gouvernement vous a confié une nouvelle mission. Pouvez-vous nous en présenter les grands enjeux ?

Le Plan Bâtiment durable s’inscrit dans la continuité du Plan Bâtiment Grenelle et de son travail d’animation de la filière du bâtiment et de l’immobilier. Le Gouvernement a décidé de reconduire cette initiative en portant l’accent sur deux points : la rénovation énergétique du parc existant, puisque la RT 2012 est opérationnelle pour le neuf, et la mobilisation des territoires pour l’accompagnement des ménages et la formation professionnelle, qui constitue l’un des grands enjeux à court terme.

 

Quelle est la place accordée aux énergies renouvelables dans le cadre de la transition énergétique, annoncée comme une priorité du quinquennat ?

Les énergies renouvelables sont bien évidemment un sujet central dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, qui doit permettre de confronter les points de vue et d’envisager les orientations et les dispositifs susceptibles d’être retenus pour favoriser le développement de cette filière.En complément de cette démarche citoyenne et participative, un groupe de travail du Plan Bâtiment Durable travaille déjà à l’objectif « BEPOS », pour des bâtiments à énergie positive. C’est un sujet stratégique à traiter dès maintenant pour préparer la prochaine règlementation thermique et je ne vois d’ailleurs aucun obstacle à anticiper l’échéance de 2020 si nous sommes prêts. Il faut réfléchir à l’échelle la plus pertinente de production d’énergie (bâtiment, quartier…) et à son utilisation, entre autoconsommation et injection sur le réseau. Un travail important est lancé avec ErDF pour optimiser l’absorption d’une production non-linéaire d’envergure : au moins 300 000 logements neufs par an produiront en 2020 une énergie au moins égale à leur consommation.

 

Quels sont les dispositifs envisagés pour aider les particuliers à se lancer dans la rénovation énergétique et les énergies renouvelables ?

En proximité, le projet de « guichet unique » vise à simplifier l’information et l’accompagnement technique des particuliers. L’idée est de capitaliser sur les bonnes pratiques actuelles en réunissant, dans un même lieu et de manière harmonisée, les différents interlocuteurs : ADIL, EIE, ANAH, bureaux d’études thermiques… Il y a aussi un consensus pour développer les aides financières existantes afin de stimuler la rénovation du parc existant. L’Etat souhaite notamment renforcer son action contre la précarité énergétique, dans le cadre du programme « Habiter mieux » de l’ANAH. Autre projet, l’éco-prêt à taux zéro va s’appuyer davantage sur l’expertise des professionnels. L’éco-avantage permettra de confier le contrôle d’éligibilité des travaux aux professionnels « Reconnu Grenelle Environnement » plutôt qu’aux banques, avec recours à un tiers vérificateur pour les autres professionnels. Un éco-prêt « collectif » est aussi prêt pour l’habitat collectif. Enfin, le président de la république souhaite orienter le crédit d’impôt Développement Durable vers les rénovations plus lourdes avec bouquet de travaux. Des réflexions sont également en cours sur les financements innovants et les tiers-investisseurs…

 

Qualit’EnR œuvre depuis plusieurs années pour le développement de la formation et de la qualification des entreprises d’installation du secteur des EnR. Quelle est votre perception de cette démarche ?

La démarche qualité est essentielle pour tout le secteur et il faut accroître le rythme de qualification, notamment la formation continue. Je suis attaché au principe d’éco-avantage pour les professionnels qualifiés, y compris dans les cahiers des charges publics et privés. L’exemple des actions régionales doit être repris à l’échelle nationale afin de généraliser l’obligation de qualification pour l’attribution des aides publiques. Il faut aller vite sans bousculer le secteur pour autant : je suis favorable à une éco-conditionnalité dès que possible pour les filières qui sont prêtes, par exemple celle des énergies renouvelables.

 

Philippe Pelletier est le Président du comité stratégique du Plan Bâtiment Durable, il a présidé l’Union national de la propriété immobilière puis l’agence nationale pour l’amélioration de l’habitat de 1998 à 2008. Après avoir piloté le Plan Bâtiment Grenelle, il a été  nommé à la tête du comité stratégique du plan bâtiment durable en 2012.

 

Source : Qualit’EnR

Crédit Photo : MEDDE