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Deux chercheurs allemands démontrent que le « presque tout renouvelable » est possible.

Hans-Martin Henning et Andreas Palzer sont deux chercheurs du Fraunhofer Institut for Solar Energy System de Fribourg en Allemagne. Ils ont modélisé le fonctionnement de l’ensemble du réseau électrique allemand et ont conclu qu’une solution approchant le « 100% énergies renouvelables était possible » techniquement, mais surtout viable économiquement. Détails…

 

 

Un objectif réaliste

 

L’Allemagne s’est fixée comme objectif de réduire de 80% ses émissions de CO2 en 2050 par rapport à celles de 1990. Or est-ce possible ?

Pour répondre à cette interrogation, deux chercheurs du Fraunhofer Institut for Solar Energy System de Fribourg, Hans-Martin Henning et Andreas Palzer ont décidé de le vérifier en élaborant différentes projections.

 Ils se sont imposés trois postulats : le niveau de vie des allemands ne doit pas être dégradé, les 80% de réduction de CO2 doivent être atteints, l’économie allemande doit rester constante.

 

Des scénarios ayant recours à la data visualisation.

 

Les deux chercheurs ont modélisé le fonctionnement du réseau électrique allemand pour en analyser les différentes variables : production, consommation, transport… Ensuite, ils ont validé cette modélisation à partir des données accumulées entre 2011 et 2012 pour créer ce qu’ils ont appelé le Renewable Energy Model Deutschland (REmod-D).

Grâce à cette prouesse de data visualisation, ils en ont conclu que l’ambition était possible. L’Allemagne pourrait reposer sur un système électrique alimenté à 80% par des sources d’énergies renouvelables.

 

Produire plus d’énergie renouvelable, consommer moins et mieux.

 

Pour y arriver les chercheurs proposent d’agir sur l’efficacité énergétique en réduisant de 40% les besoins de chauffage des bâtiments.

Ensuite ils estiment qu’il faudrait que la capacité de production d’électricité photovoltaïque actuelle qui est de 35GW atteigne 150 GW en 2035, et que cette production soit reliée à 8 millions de batteries raccordées à des installations domestiques dispersées dans tout le pays, permettant ainsi une capacité de stockage substantielle.

L’une des particularités de cette étude, réside dans la mise à profit de l’énergie fatale, cette manne d’énergie perdue faute de capacité stockage.

Les deux chercheurs proposent en effet d’utiliser cette énergie qui aurait été perdue pour alimenter d’autres sources de transformation d’énergie : la production d’hydrogène par électrolyses utilisant la production fatale d’électricité pourrait servir à fabriquer des combustibles pour les transports par exemple.

 

Un retour sur investissement important

 

Ce scénario demanderait un investissement initial de 470 milliards d’euros. Les deux chercheurs précisent que le retour sur investissement de l’opération serait en contrepartie de 600 à 1000 milliards d’euros. Une bonne mise donc pour créer le mix énergétique du futur.

 

 

Source : Qualit'EnR

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