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Quels scénarios pour la transition énergétique ?

 

Le Conseil national du débat sur la transition énergétique s’est réuni  jeudi 23 mai 2013, pour une 7ème séance plénière au cours de laquelle le groupe de travail « mix énergétique » a présenté l’avancée de ses réflexions.

Le groupe de travail a présenté 4 scénarios de transition basés sur deux niveaux de réduction de la consommation d’énergie à l’horizon 2050 : 50% et 20%.  Deux scénarios par hypothèses ont été proposés par le groupe, l’un poussé à l’extrême et l’autre plus modéré.

 

                                 

                              




En réduisant la consommation d’énergie de 50% à l’horizon 2050 

 

La trajectoire Sobriété et sortie du nucléaire (SOB)

 

Cette trajectoire est la plus radicale, elle vise un mix de 42,8% d’énergies renouvelables et 46,6% de biomasse. Le pétrole représenterait 4,9%, le gaz 4,3% et le charbon 1,3%  du mix énergétique français.

Pour atteindre cette hypothèse, le groupe de travail mise sur la sobriété énergétique individuelle et collective, la rénovation énergétique de 750 000 logements par an (avec un objectif de 50 kWh/m2),  le développement du recyclage, l’écologie industrielle et la relocalisation de la production.  

 

La trajectoire Efficacité énergétique et diversification des vecteurs (EFF)

 

Cette trajectoire plus modérée s’appuie sur le développement de la biomasse qui représenterait 30% du mix énergétique,  des énergies renouvelables à hauteur de 24,8% et du nucléaire pour 24,8% aussi. Ces énergies seraient complétées par le gaz à hauteur de 11%, le pétrole et le charbon représenteraient 5,5% et 3,7%.

Pour atteindre cette trajectoire, le groupe de travail se base sur la rénovation de 500 000 logements par an permettant de réduire  de moitié leur consommation énergétique,  le gaz  et l’électricité provenant essentiellement des énergies renouvelables afin de baisser la part du nucléaire (en privilégiant la production par méthanisation pour le gaz).

 

En réduisant la consommation d’énergie de 20% à l’horizon 2050 

 

La trajectoire Electrification et décarbonation (DEC)

 

C’est l’hypothèse est la plus extrême, elle propose un mix énergétique composé à près de 65% de nucléaire, complété par la biomasse à hauteur de 13%. Dans ce scénario, les énergies renouvelables représentent seulement 7,5% du mix, le pétrole et le charbon 3,4% et 1,9%. Pour obtenir ce résultat, le scénario s’appuie sur la substitution des énergies fossiles à l’électricité en doublant le volume de production. Pour répondre à l’augmentation de la  demande, le groupe table sur une augmentation du parc nucléaire.

 

La trajectoire Demande stable et diversité des vecteurs (DIV)

 

Ce mix est basé sur le nucléaire pour environ 40%, sa part reste donc stable. Il s’appuie aussi sur une augmentation conséquente de la part des EnR qui représentent 30% du mix tandis que le pétrole s’élève à 10%, le gaz 9%, la biomasse 9% et le charbon 2%.

Pour atteindre ces résultats, le scénario se base sur un coût de l’énergie élevé, l’efficacité énergétique sans changements comportementaux, la généralisation des véhicules à basse consommation et un renouvellement partiel du parc nucléaire.

Ces scénarios ont suscité quelques tensions au sein du Conseil. En effet, la part importante du nucléaire sur laquelle sont basées certaines projections n’a pas fait l’unanimité, tout comme l’hypothèse des 20% de réduction de la consommation d’énergie qui ne permet pas de respecter les objectifs fixés par le facteur 4.

 

 

 

A savoir : Le facteur 4 correspond à un objectif de division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, afin de contenir le réchauffement climatique à un niveau d’élévation de 2°C.
Consultez la présentation du facteur 4 dans son intégralité. 

 

 

Source : Qualit'EnR

Crédits photo : MEDDE